26.06.2008
Saule pleureur

Au temps où je ne t'avais pas,
j'aimais la Nature ainsi qu'aime le Christ un moine calme...
Maintenant j'aime la Nature
ainsi qu'un moine calme aime la Vierge Marie,
religieusement, à ma façon, comme auparavant,
mais d'une autre manière plus émue et plus proche...
Je vois mieux les rivières quand je vais avec toi
à travers champs jusqu'à la berge des rivières ;
assis à tes côtés observant les nuages,
je les observe mieux -
Tu ne m'as pas enlevé la Nature...
Tu as changé la Nature...
Tu m'as amené la Nature tout contre moi,
du fait de ton existence, je la vois mieux, mais identique,
du fait de ton amour, je l'aime de même façon, mais davantage,
du fait que tu m'as choisi pour t'avoir et pour t'aimer,
mes yeux l'ont fixée en s'attardant plus longuement
sur toutes les choses.
Je ne me repens pas de ce que je fus jadis
car je le suis toujours.(Fernando Pessoa/Alberto Caeiro, Le pasteur amoureux)
11:50 Publié dans Poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, nature, reflet, poésie
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